[Critique] Ghost Rider Spirit of Vengeance, une "suite" endiablée !

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Après une première odyssée à dos de moto en 2007 (il y a déjà 5 ans !), le Rider revient enfin dans nos salles obscures pour déchaîner l'enfer sur Terre. La pseudo-suite des aventures du Motard Fantôme est-elle de meilleure qualité que le précédent film pop-corn ? À vous de juger. Pour ma part, je ne serai que l'impartial messager du Ghost Rider, avec sans plus attendre une critique détaillée sur les différents atouts et défauts du film, ainsi que les liens et différences essentielles entre les deux films à connaître avant de se jeter sur la billetterie du cinéma le plus proche !
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- De Ghost Rider à Ghost Rider : Spirit of Vengeance -

Le début du film permettra aux nombreuses questions que nous nous posions de trouver enfin leurs réponses. En quoi est-ce une suite ? En quoi est-ce un reboot ? Le constat est facile à faire.

Dans la scène d'introduction donc (en dessins-images de synthèse, mais je reviendrai là-dessus plus loin), Johnny nous raconte les événements qui l'ont conduit à être ce qu'il est. Et il faut dire que c'est bien utile, car ses origines changent sur différents points ! Le père est au bord de la mort quand Johnny le sauve, ce qui est important pour la suite. Le pacte avec le diable (ici nommé Roarke... On en reparle plus tard.) est signé consciemment par Johnny, qui est ici au courant de ce qu'il fait et de qui traite avec lui, contrairement au premier film où il se fait berner comme un lapin de deux semaines.

Rien que cette introduction permet de comprendre le terme de "reboot". Le reste de l'introduction n'est ensuite qu'une description de ce qu'est sa vie en tant que Ghost Rider, et permet de relier les événements de San Venganza au second film via l'évolution du Ghost Rider. Intéressant pour savoir comment Blaze arrive en Europe...
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Scénario - Un goût de cendre dans la bouche -

Si le premier film avait un scénario plus ou moins basique, à savoir la recherche du contrat de San Venganza, celui du second opus est encore plus plat. Ici, ce n'est pas un bout de papier que tout le monde veut, mais un jeune garçon, Danny. Pourquoi ? Parce que ce dernier est assez spécial (voir le film pour en savoir plus), et si Roarke réussit à mettre la main dessus, les carottes sont cuites !

Sur cette base... Tout est là ! Les méchants poursuivent les gentils, prennent le garçon, les gentils poursuivent les méchants, prennent le garçon... Et retour au début du schéma ! Sans plaisanter ! Alors les gentils doivent cacher le garçon dans un lieu secret, mais les méchants doivent apporter le garçon à Roarke au plus vite parce que bien évidemment, il en a besoin pour une date spéciale qui se trouve être dans quelques jours.

Un scénario plat et linéaire au possible, sans grande surprise, qui laisse clairement sur sa faim. Même en essayant d'être le plus objectif du monde, je ne peux pas résumer l'histoire autrement que par ces quelques lignes ! De plus, de nombreuses incohérences, scènes baclées et débuts d'intrigues sans but et sans finalité viendront parsemer le tout.
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Personnages et acteurs - Dans la peau des démons -

S'il y a bien une chose que l'on peut apprécier, c'est le jeu de certains acteurs. Nicolas Cage, égal à lui-même, revient avec une dose encore plus élevée de folie et de noirceur, empreint de son humour potache habituel. Si le côté Johnny Blaze est quasiment transparent dans cette histoire, le côté "sombre et cruel" du Ghost Rider est nettement plus exploité, et sa folie destructrice n'a d'égale que sa faim incontrôlable d'âmes pécheresses. Autant dire qu'il a du boulot à faire ! Dans ce film, le Ghost Rider est enfin un démon terrifiant que tout le monde craint, contrairement au premier film où les gens étaient juste "étonnés".

Son acolyte, aperçu dans la bande annonce, c'est Moireau, incarné par Idris Elba (Heimdall dans Thor). Le jeu de cet acteur est tout à fait louable, et son personnage inspirera parfois plus de sympathie que celui de Johnny Blaze. Malheureusement pas exploité jusqu'au bout, ce personnage au potentiel élevé ne sera finalement qu'un lien entre Blaze et le garçon, puisqu'en échange de l'aide du Ghost Rider, il se pourrait bien que Moireau ait promis quelque chose à Johnny...

Le reste de l'équipe est ensuite totalement sans cachet et sans charisme. Danny (Fergus Riordan) et sa mère Nadya (Violante Placido) : il faut les protéger, mais ils ne servent concrètement pas à grand chose, même si Danny aura tout de même quelques scènes centrées sur lui qui donneront un minimum d'ampleur et de carrure au personnage.

Les deux méchants de l'histoire font aussi très pâle figure. D'un côté, nous avons Roarke (Ciaran Hinds), qui est en fait une incarnation humaine de Méphisto, un lien entre la Terre et l'Enfer, mais avec des pouvoirs très limités. Ses apparitions dans le film : très rares, et pas des plus intéressantes. L'autre méchant, c'est Carrigan (Johnny Whitworth). Pour le coup, ce roublard tenace et fort en gueule réussira à s'imposer un peu, et deviendra même très très intéressant dans la dernière partie du film. Mais franchement, face à Méphisto, BlackHeart et ses trois démons latents dans le premier film, on perd un peu en méchants d'envergure !
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Réalisation - Lorsque le feu embrase le Ciel -

Pour le coup, les réalisateurs, Mark Neveldine et Brian Taylor, réalisateurs des énergiques et novateurs Hyper Tension et Ultimate Game, réussissent à sauver un peu la mise.

Les effets sont tout simplement magnifiques, la gestion des flammes et des images numériques est parfaite. Le Ghost Rider en lui-même est déjà bien mieux géré, en partie parce que cette fois-ci, c'est toujours Nicolas Cage qui l'incarne, même lorsqu'il est transformé (dans le premier, ce n'était que de l'image de synthèse). Plus de "réalisme", et donc un Ghost Rider plus agréable à voir bouger !

Les effets de montage, de mouvement caméra, de lumière,... Tout est excellent. Parfois, par exemple, une scène débute avec un mouvement caméra en arrière et un effet de rembobinage, avant de reprendre le déroulement normal du film. Plusieurs jeux de caméra de ce style viendront donner du volume au film, en créant notamment un design et un rythme très proches des comics.

Quelques scènes, développées seulement à l'état de dessins numériques, apporteront une touche de couleur et d'originalité au film. La réalisation, contrairement au scénario, a été travaillée de manière efficace et sérieuse, et le résultat est là : les scènes d'action sont éblouissantes, quoi que parfois un peu chaotiques, et les scènes plus lentes sont parsemées d'idées sympathiques qui donnent un peu de mouvement et de consistance au film. Par contre, les décors sont pauvres et sans grand intérêt, au même titre que la bande originale... Dommage !
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Conclusion - Entre Enfer et Paradis -

Si le niveau attendu n'est toujours pas là, si le personnage n'est toujours pas exploité comme il se doit et si l'histoire qui l'entoure n'est pas des plus travaillées, il n'empêche que le Ghost Rider est nettement plus développé et plus intéressant que dans le premier film. On nous parle enfin du démon Zarathos, le démon qui a fusionné avec Blaze pour former le Ghost Rider, et on nous fait part de révélations qui n'apparaissent que dans les comics les plus récents... Un bon point pour les fans ! Par contre, que les fans de la première heure qui connaissent le personnage de Danny Ketch sur le bout des doigts oublient tout... Sinon, ils vont être déçus !

Une histoire et des personnages encore plus plats que le papier des comics, avec cependant quelques bonnes idées et deux-trois passages qui font que le film n'est pas totalement un nanar de premier ordre. La réalisation fait souvent pencher la balance en faveur du film, mais ne réussira pas à le sauver des griffes de la monotonie. Un film à voir au moins une fois, par plaisir des adaptations de comics au cinéma, pas forcément en 3D puisque son rôle est encore plus futile que celui du méchant. Ah, et profitez bien des apparitions du Ghost Rider. Vous ne le verrez pas souvent à l'écran durant le film...