[Critique] Les Cinq Légendes, quand les Héros de notre enfance débarquent !

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Bon ok, je vous l'accorde tout de suite : Il n'y a pas vraiment de rapport avec les Super-Héros dans cet article ! Mais CinéComics c'est quoi ? Un site qui parle des adapations d'aventures de Héros et de Vilains au cinéma, ok ? On est d'accord... Mais quand on y pense,  ce film parle de légendes, de gardiens, et il faut l'admettre de Héros ! Ceux de notre enfance ! Voilà pourquoi je vous fais part de ma critique sur ce film "coup de coeur" qui fait appel à l'enfant qui sommeille en nous tous.

Le petit Pitch du film

Synopsis : L’aventure d’un groupe de héros, Le Père Noël, le Lapin de Pâques, la Fée des Dents, le Marchand de Sable, tous dotés de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces contre Pitch, le croque-mitaine, pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.


Alors vous voyez bien, on les appelle "un groupe de héros" dans le synospsis. Donc après cette petite mise au point, on peut tout de suite voir que le point de départ est assez sympa sur le papier. Réunir six légendes, dont cinq très connues et une sixième un peu moins (celle de Jack Frost).
Les personnages sont très connus des enfants, mais aussi des adultes, et donc le film a un bon potentiel de départ pour toucher tous les publics.

Pour l'anecdote, ce film est adapté de l'oeuvre, The Guardian of Chilhood, de William Joyce, une saga qu'il continue d'écrire de nos jours. L'idée lui est venue grâce à la question que lui a posée un jour sa petite fille : "Est-ce que le Père Noël et le Lapin de Pâques sont amis ?". Bah moi je lui dis : "Merci" à cette petite.

Le film prend un un autre chemin scénaristique que le livre, mais l'auteur est plus que d'accord avec ce choix, en disant : "Je n'ai pas envie que les gens qui lisent le livre, se retrouvent devant le film et soient déçus. Cela permet aussi de créer plus de surprises". En voilant un raisonnement logique et habile de sa part.

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Un scénario simple mais solide

C'est David Lindsay-Abaire qui s'est occupé du scénario. On lui doit notamment celui du film d'animation Robot, du film fantastique Coeur d'encre, et plus récemment, Le monde fantastique d'Oz, qui arrive dans nos salles le 3 avril 2013. Il nous offre donc un scénario digne d'un conte de Noël, avec les subtilités de notre époque. On y reviendra plus tard en parlant des personnages.

Dans les grandes lignes, le scénario est très simple : Un groupe de gentils veille, un ancien méchant revient, un nouveau héros est choisi, il faut sauver le monde et les enfants, etc... On regarde donc ce film sans difficulté, on se laisse transporter au fil de l'histoire. Mais il comporte deux, trois subtilités, certes pas extravagantes, mais à la portée des plus jeunes. On retrouve ces petits twists scénaristiques surtout dans le passé du Héros, Jack, dont le secret reste simple, loin des grands clichés habituels.

Bien sûr, l'humour est fidèle au rendez-vous et les petites références fourmillent pendant tout le film. Mais la grande surprise et la grande force de ce film restent la façon dont ils ont traité les personnages, qui sont d'importantes figures emblématiques à travers les pays et les cultures.

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Des "Héros" revisités au goût du jour

Je le disais donc, le point fort de ce film c'est ses personnages. Sur ce point, voici les paroles de Guillermo Del Toro, qui n'est autre que le producteur du film : "Nous voulions que les personnages soient un peu différents de l'idée que tu te fais habituellement du père Noël ou du lapin de Pâques, qui sont trop inoffensifs pour fonctionner dans le monde d'aujourd'hui[...] Il fallait qu'ils apparaissent plus vivants, plus actuels, sans pour autant tomber dans le postmodernisme. Des personnages à la fois classiques et mythiques, mais revisités".

Et sur ce point, ils ont fait un excellent boulot. On connaît les personnages, mais on prend plaisir à les redécouvrir, sous leur nouvelle version. Passons en revue ces différentes légendes.

cinq-legende jackJack Frost, le Héros du film à la recherche de son passé

Il est le nouveau gardien choisi pour épauler les autres, mais préfère s'amuser. Il aborde un simple sweat et un pantalon usé, un look simpliste mais qui renforce son côté mauvais garçon. Un côté bien mis en valeur pendant tout le film.
Les scènes de glace sont très jolies, et voir Jack virevolter grâce aux vents glacés est magnifiques
Un héros assez basique en somme, auquel on s'attache rapidement.

Du côté de sa voix française, on retrouve Gaspard Ulliel qui double son premier film. Au final le résultat est correct, même s'il a un timbre de voix trop grave pour un jeune garçon (de 300 ans quand même). Dans les bandes-annonces, c'était Emmanuel Garijo (la voix d'Anakin dans Star Wars) qui, pour moi, était parfait pour le personnage. Dommage pour ce changement de dernière minute. En VO, c'est Chris Pine (Star Trek) qui le double.

cinq-legende northNorth, le Père Noël russe bedonnant

Oubliez le Père Noël classique, chaleureux, gros, mignon, qui chante "Oh Oh Oh"... en fait non ! Gardez tous ça en tête, et mixez le tout avec un soupçon de Russie, de technologie et de magie. On obtient North, un joyeux russe aux bras tatoués (remarquez la subtilité des mots choisis : Nice (Gentil) et Naughty (Vilain)), ainsi que la chapka qui va avec. Cette version est très réussie, et elle nous fera rire pendant tout le film.

Comme vous le savez, il habite au Pôle Nord (sans dec), mais là aussi tout change. Les Elfes sont présents mais on un rôle bien différent, et ce cher Papa Noël est aidé dans sa tâche par les Yetis, ces jolies grosses boules de poils parlant leur langue incompréhensible. Ainsi tout l'atelier du Père Noël devient une grosse chaîne de construction technologique. Une très belle trouvaille pour redonner du peps à ce vieux monsieur. Et attendez de voir son traîneau, car comme il le dit si bien : "Tout le monde aime mon traîneau !".

cinq-legende bunnyBunny, le Lapin de Pâques à la sauce Australie

Voici mon gros coup de coeur du film. Une version plus qu'originale du célèbre Lapin. Il est beau, rapide, fort, malin, il a la classe... bref c'est le meilleur !

Je vous entends d'ici : "Un lapin avec des boomerang !? WTF !?", et moi je réponds "C'est normal !". Il faut d'abord savoir que c'est Hugh Jackman (notre bon Wolverine) qui le double dans la version orignale, et Hugh Jackman est un acteur... Australien ! En version française, c'est Jérémie Covillault (la voix de Bane dans Dark Knight Rises). Autrement dit, une voix posée pour un lapin posé, mais qui n'hésite pas à se battre avec courage.

Ce personnage vous reserve de belles surprises, en plus de ses querelles habituelles avec les autres Gardiens pour savoir qui est le meilleur dans son job. Belle création...
Tout comme son monde, un merveilleux terrier rempli d'oeufs en tous genres, et aux couleurs riches, éclatantes et variées.

Tooth, la Fée des Dents hystérique du dentifricecinq-legende tooth

Pour cette légende, nous avons le droit à un belle trouvaille (oui, encore).
Dans les cultures anglo-saxonnes c'est une fée qui remplace les dents tombées par des pièces, on nous offre donc une fée/colibri qui vole à toute vitesse partout, entourée de ses fidèles assisstantes. C'est coloré, c'est frais, c'est léger, c'est joli, bref on aime et on accroche.
Notamment, son palais aux teintes indiennes où se passe une partie de l'intrigue.

Et pour ceux qui pensent que c'est la Petite Souris, je leur dis : "Allez voir le film !".
C'est par ce personnage que le meilleur passage de ce film arrive, enfin mon meilleur passage. Sans trop spoiler, nos cinq amis vont devoir l'aider dans sa récolte de quenottes, et pour ce faire, vont livrer une bataille sans merci. Un excellent moment rythmé par une musique merveilleuse, sur laquelle on reviendra après.

Un petit plus non négligeable, sa voix VF : Nolwenn Leroy ! Elle ma surpris dans sa qualité de doublage. Elle a su donner de la gaieté quand il fallait, de la douceur au bon moment, de la fureur dans les combats, et même de l'hystérie dans ses phases de "crises dentaires".

cinq-legende sandySandy, le Marchand de Sable muet

Voici celui qui vous fera le plus rêver sans vous endormir (héhé trop facile).
Pour le look, ils ont choisi de le représenter sous la forme d'un petit homme de sable, qui libère les rêves des enfants avec ses créations. Créations qui embelissent l'écran du cinéma, toujours portées par une musique surprenante.

Son point fort ? Il est muet ! Il ne s'exprime donc uniquement que par rébus, gestes, mimiques de sable au dessus de sa tête. On assiste donc à un hommage aux films muets, par les petites mésaventures de ce bon Marchand.

Malgré son côté sympa, il n'en reste pas moins un adversaire de taille, que notre cher méchant découvrira à ses défauts. 

cinq-legende pitchPitch Black, le grand Croque-Mitaine avide de peur

Le voilà notre grand méchant. Un méchant qui rejoind le personnage de Jack, car Pitch est en réalité un méchant simple. Il veut faire le mal, c'est tout. Mais il partage des points communs avec Jack, dont les raisons de ce besoin de mal.

Pour Guillermo Del Toro, la peur était très importante concernant le film : "Tous les grands contes de fée et les meilleures histoires pour enfants ont un côté sombre, sur lequel on peut travailler. S'il n'y a pas d'obscurité, on ne peut pas percevoir la lumière". Le film aborde donc les thèmes de la mort, de la peur ou de la tentation du mal, notamment à travers le personnage de Pitch Black et de Jack Frost.

Dans la version originale c'est Jude Law (Sherlock Holmes) qui prête sa voix à Pitch, alors qu'en France, c'est Boris Rehlinger (Le Dr. Rush dans Stargate Universe) qui donne une voix sombre, torturée, malveillante au Croque-Mitaine.

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Des univers multiples et merveilleux

L'autre grande force du film, ce sont ses décors. On voyage de lieu en lieu avec fluidité et facilité tout au long du film. On passe donc d'un lac gelé à une ville, mais aussi par le Pôle Nord et la fabrique du Père Noël, avant d'aller faire un tour chez la Fée des Dents et le Lapin de Pâques.

L'équipe de création s'est inspirée de l'architecture classique russe, vénitienne, thaïlandaise, indienne ou encore de l'île de Pâques. Des univers différents mais uniformément liés dans un univers solide et magique. La façon dont on voyage entre tous ces royaumes est juste jouissive, même dans le monde noir de Pitch. Je vous laisse découvrir tout ça (et le clin d'oeil à Lewis Carroll).

Les scènes de combats sont aussi très réussies, les effets de sable du Marchand et du sable noir de Pitch qui s'entrechoquent violemment sont très beaux, ainsi que les autres pouvoirs des Gardiens, tous plus inventifs et logiques les uns que les autres.

Petite note en passant, le film a été proposé à l'Académie des Oscars pour faire partie de la sélection des meilleurs films d'animation... affaire à suivre...

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Une épopée musicale magique

Dernier point à soulever : Les thèmes musicaux sont justes parfaits ! Si le film est très beau à voir, il aussi très beau à entendre.
Et tout ça grâce à un français : Alexandre Desplat, qui nous offre des musiques toutes plus surprenantes les unes que les autres. Il s'exprime sur le sujet : "Il y a beaucoup plus de musique dans Les Cinq Légendes que dans n'importe quel film".

Et c'est ainsi que l'on découvre le rassemblement des Gardiens sur une musique digne de Super-Héros, puis on passe sur un air léger rappelant les fêtes d'hiver, et on finit sur une symphonie mêlant magie et rêve.

Amateurs de musiques riches, belles et variées, voici un film pour vous ! Je vous laisse découvrir deux pistes de la B.O pour vous faire une idée de cette richesse musciale.

     


Ce film est donc (pour moi) LE film de Noël ultime pour cette fin d'année, et peut-être le meilleur film de Noël jamais réalisé. Certes, il s'adresse aux enfants en premier, mais les adultes y trouveront aussi un peu de magie et renoueront avec les contes, mythes et légendes de leur enfance.

Il a réussi à mélanger : héros, magies, contes, peur, légendes, enfance, humour, musique, graphisme, couleur, rêve et bien d'autres mots.
Serait-ce là, un miracle de Noël ? Assurément... le 28 novembre dans les salles...

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