Blog The Avengers  Blog The Dark Knight Rises  Blog Amazing Spider-Man  Superman Man of Steel  Blog Captain America  Blog Thor  Blog Green Lantern  Blog Iron Man  Blog Wolverine  kickasslogo

[Critique] X-Men Le Commencement : faut-il craindre ou accepter le (film) mutant ?

Accéder au profil de l'auteur : ComicShadow

x-men_critique_v2

Le film est sorti hier dans les salles françaises, et les avis de ceux qui l'ont vu forment déjà deux clans distincts : les pro-mutants ("j'adore ce film") et les anti-mutants ("ça, un bon film ?"). Et vous, dans quel camp vous situez vous ?
Si vous n'avez pas vu le film, alors en attendant, pour vous faire déjà une petite idée, voici une critique (normalement) objective d'un pro-mutant !

X-Men-First-Class-banner

Univers du comic : entre le respect de l'oeuvre et l'appropriation de Matthew Vaughn

S'il y a bien un point qui est bon, c'est au niveau de l'univers et du scénario. En effet, on a nettement l'impression de voir un comic prendre forme devant nos yeux, tant l'histoire et le déroulement d'actions en parallèle peut faire penser à différentes pages de comics. Lorsque l'on commence à suivre une action, un passage, on a une partie, dont la suite revient quelques temps après, suite aux actions parallèles d'un autre personnage (exemple : enfance de Charles / de Erik, évolution des X-Men / du Club des Damnés,...).

Un procédé simple mais efficace, certes basique dans énormément de films mais qui fait ici son bout de chemin et donne un point de vue intéressant au film. En effet, suivre les plans des méchants donne de la profondeur au film puisque nous ne sommes alors pas cantonnés à regarder ce que font les héros, mais nous avons aussi droit à ce que préparent les adversaires, aux coups qu'il prévoient, afin de mettre en relation les deux groupes et de les relier. Après tout, l'univers des X-Men est en partie basé sur ça : l'évolution des statuts et des relations entre deux groupes différents (gentils/méchants, mutants/humains, etc...).

Malheureusement, le fait d'axer la réalisation sur un double point de vue et en suivant un scénario très "comic" amène vite des limites. La prévisibilité des enchaînements de scènes est parfois dommage. Si on se demande pourquoi Matthew a fait "petite partie sur les héros/sur les ennemis/sur les héros/sur les ennemis/..." et pas plutôt "grande partie sur les héros/grande partie sur les ennemis", on comprend vite pourquoi : trop de petits détails sont installés pour créer une grosse histoire. Ainsi des passages totalement inutiles, voire absurdes, prennent place pour n'amener finalement qu'un minuscule élément important qui aurait pû être amené de façon plus intéressante et plus large (notamment la scène où Charles drague dans un bar, tout ça pour finir la scène par la phrase "Mutant et fier de l'être", et pour développer un peu la relation Charles/Mystique).

Mais cette approche est sauvée par l'engrenage qui se met en place, où tout s'emboîte finalement, où héros et vilains coexistent ensemble en tenant compte de ce que fait l'autre camp (peut-être même parfois un peu trop). L'histoire se déroule alors assez linéairement, sans trop partir dans les excès, avec des parties distinctes, assez bien développées et délimitées pour être bonnes : une sur l'enfance des personnages principaux; une sur leur chemin personnel, leur rencontre, et sur la création d'une équipe; une sur l'évolution des deux équipes (X-Men/Club des Damnés), et enfin une sur la confrontation finale.


banner_x_men_first_class_hd

Ancrage historique : réalisme à toutes épreuves ou justification abusive ?

Il faut le dire, pour rendre le plus plausible possible un film type "fantastique/science fiction" comme X-Men: First Class, il n'y a rien de mieux que de le rendre réaliste en le mettant dans une situation réelle, comme ici la crise des missiles à Cuba dans les années 60, un passage historique qui a opposé les russes et les américains.

Seulement voilà, le film ne repose finalement que là-dessus. Les X-Men, comme vous le savez si vous avez regardé certaines vidéos, vont coopérer avec la CIA pour essayer de savoir ce que préparent les russes, et quel est le rôle du Club des Damnés là-dedans ? À côté, les vilains mutants veulent aider les russes, mais finalement pour les manipuler et pour servir leurs propres intérêts. Si on enlève ça, nous avons quoi ? Seulement les relations gentils mutants/méchants mutants/CIA. Pas une première aventure des X-Men, seulement une histoire mondiale dont ils font partie. D'ailleurs, n'est-ce pas trop de les mettre ici ? Ils changent quasiment le cours de l'histoire à eux seuls ! Une réalité alternative, certes, mais peut-être un peu trop grosse pour un film de 2h10. Moins de politique sans rapport avec les mutants, et plus de X-Men !


x-men-first-class-origins-maneto-20

Les mutants : ces êtres extraordinaires qui nous font rêver...

Portés par un jeu d'acteur convaincant, les différents personnages sont quasiment tous exceptionnellement bien développés pour un film de cette envergure, qui amène autant de monde d'un coup. Charles, Erik, Sebastian Shaw, Emma Frost, et Mystique sont ceux qui ont droit à la plus grande place dans le film. Les autres, comme Hank/le Fauve, le Hurleur, Alex Summer/Havok, Darwin et Angel, sont intégrés au film lors d'une mini-scène les mettant en avant, lors de leur recrutement pour l'équipe, et ont ensuite une part égale dans le film. Ils ont assez de lignes de dialogues et d'apparitions pour rester des personnages tangibles, sauf lorsqu'ils font office de justificatif ou même de toile de fond.

Par contre, du côté des méchants... Autant Sébastian Shaw est extrêmement développé, et son bras droit Emma Frost un petit peu (juste de quoi la voir s'exhiber assez à l'écran), autant les autres, c'est-à-dire Azazel et Riptide, ne servent réellement qu'à obéir aux ordres et à massacrer, en ayant presque rien à dire ni à faire d'autre. Pour Riptide (le mutant qui crée des tempêtes), le néophyte des mutants oubliera d'ailleurs jusqu'à son nom, tant le personnage n'est pas exploité DU TOUT (moi, je viens de chercher son nom sur internet, parce que franchement je l'avais pas retenu, je ne suis pas un expert de l'univers X-Men, j'avoue).

Des personnages qui se côtoient et se battent côte-à-côte/les uns contre les autres sans être tous au même niveau d'exploitation, évidemment. Mais c'est un peu dommage, surtout pour Azazel, qui aurait mérité de révéler un peu son histoire. Au niveau des humains, la ravissante Moira MacTargget tente de tirer son épingle du jeu et de s'imposer aussi bien face aux mutants que face à ses supérieurs, mais qui n'est finalement ici qu'un agent de la CIA dont tout le monde se fout un peu, même nous. Après, pour les autres humains... On a les pontes de la CIA qui disent "ah oui les mutants en fait ça existe, ça fait peur mais ça peut servir (par contre pas grave s'ils meurent, n'est-ce pas ?)", et les grands dirigeants des Etats-Unis et de Russie qui se font manipuler par les méchants, tout ça pour amener à la crise finale à Cuba. Si leur place n'est pas des plus importantes, elle sert à donner encore une fois du volume et du réalisme au film.


x-men-first-class-origins-maneto-13

Pouvoirs, effets spéciaux et clins d'oeil

Pour le coup, on a droit à quelque chose de totalement bien développé ! Vaughn a en effet tout misé sur les pouvoirs des mutants, et c'est vrai qu'il a bien fait ! Les effets spéciaux sont convaincants sans être "too much".

Ici, tous les mutants voyent leurs pouvoirs développés à parts égales, même si l'importance du personnage joue encore. Charles utilise tout à fait bien son don de télépathe, de toutes les manières possibles, Erik accroît sa puissance, le Fauve/le Hurleur/Havok apprennent à bien contrôler leurs pouvoirs (les scènes d'entraînement des mutants sont tout simplement énormes... Et hilarantes !), et les autres connaissent tout à fait l'étendue de leurs pouvoirs et les exploitent presque à leur maximum. Juste un peu dommage pour Sebastian Shaw, qui aurait pu utiliser beaucoup plus mais qui n'aura pas droit aux scènes d'action dans lesquelles on l'attendait...

De plus, les connaisseurs des X-Men seront ravis de voir les premières versions de Cérébro et du Blackbird, que nous pouvons déjà apercevoir dans les bandes annonces, et qui donnent un vrai goût de cohérence et de continuité dans la création des X-Men, et même vis-à-vis des autres films sur les mutants.

x-men-first-class-origins-maneto-03

Conclusion ? Vous l'adoptez ce mutant, ou on le reprend ?

Pour ma part (attention, point de vue extrêmement subjectif !), certaines scènes m'ont données des frissons tellement elles étaient intenses et excellentes, et j'ai beaucoup aimé l'univers recréé, où les personnages Marvel se mêlent à notre culture et à notre histoire. Toujours selon moi, la meilleure adaptation de comic après le premier Iron Man.

Seulement voilà, en dehors de cet exploit de transposition claire et précise de l'univers mutant, nous avons une pseudo-coquille vide, dont les seules trames narratives distinctes sont la guerre Etats-Unis/Russie (dont on se fout un peu, à la base), le besoin de vengeance de Magneto (je n'en dirai pas plus) et la quête de pouvoir de Shaw. Les X-Men sont créés à cause des méchants et de la guerre, mais n'ont pas d'autre prétention que d'être une arme de la CIA. Même le besoin d'unification des mutants de Xavier n'est pas encore très présent (mais va arriver).


Pour finir, si vous y allez pour avoir une histoire assez bien construite, des personnages attachants et des scènes d'action (mine de rien assez rares) plutôt cool alors vous serez servis. L'univers et l'esprit Marvel sont là, et ça fait du bien d'avoir une construction structurée et des personnages qui n'arrivent pas comme un cheveu sur la soupe, comme ce fût le cas pour certains films un peu fouillis dont nous ne citerons pas le nom (Iron Man 2 !!!!!). Il faut néanmoins prendre en compte que l'ancrage historique est parfois trop fort, trop omniprésent, et que les mutants font à certains moments office de détail, de bonus pour tout le monde. Mais allez, ce n'est que Le Commencement, nous aurons droit après cela à de très bonnes suites, j'en suis certain, et le film vous réservera tout de même de très belles surprises, qui ne manqueront pas de faire votre joie !

Ah et, P.S. : PAS DE SCENE BONUS POST-GENERIQUE ! Je sais, c'est vraiment triste, autant que l'absence de Stan Lee...

X-Men-Le-Commencement-Poster-France-2011-Movie


A lire aussi :